« Renaud Hantson : Hommage à Michel Berger »

 

 

« Quelques mots d’amour », « Mademoiselle Chang », « Evidemment », « La groupie du pianiste »… Tous ces titres font partie de l’inconscient collectif et continuent d’être diffusés régulièrement à la radio, à la télé tant la musique de Michel Berger aura marqué son époque. On ne compte plus les divers hommages rendus, que ce soit par de simples reprises (de Véronique Sanson à Jenifer) ou par le récent spectacle musical à succès créé par France Gall « Résiste » qui continue de faire chanter en Province un public qui en redemande.

 

Cette fois, c’est à l’Européen que nous nous sommes rendus afin de découvrir le concert hommage à Michel Berger par son interprète masculin fétiche Renaud Hantson. Ce dernier a participé aux deux opéras rock du tandem Michel Berger / Luc Plamondon, « Starmania » (rôle de Ziggy puis de Johnny Rockfort) et « La Légende de Jimmy » (rôle de James Dean). Michel Berger, qui le considérait comme le meilleur chanteur de sa génération, était devenu presque un père spirituel pour Renaud Hantson. C’est donc tout naturellement qu’il a toujours chanté du Michel Berger lors de ses concerts solo et qu’il a pris la décision, sous l’impulsion du batteur Alain Mandigo, de monter ce spectacle hommage qui a tourné en juillet dernier dans le Sud de la France.

 

« Chante leur les mots pour émouvoir, fais reconnaître ton pouvoir (…) Fais les sourire, fais les souffrir, fais les bouger mais fais les rire ». C’est avec ces mots de la chanson « Suis ta musique où elle va » dans un très beau piano-voix que Renaud entre en scène et cela pourrait être le leitmotiv de la soirée, comme si Michel Berger passait le relai à Renaud, le temps d’un soir. L’émotion est vive et, même si le chanteur cache son regard derrière des lunettes teintées, le public, venu nombreux, se sent tout de suite happé par cette ambiance si particulière.

 

Tout au long du show, il alternera entre ballades et titres plus punchy traversant l’univers Berger à sa manière. La force de ce spectacle repose bien évidemment sur la voix d’Hantson qui passe de la sensibilité à l’état pur à une plus grande gravité en fonction des titres. On reconnaît la qualité d’un chanteur à sa facilité à réinventer des standards de la variété. Hantson ne fait pas que chanter ces titres, il les interprète avec sincérité, sans artifices tout en y apportant sa patte personnelle.

 

Connu également pour ses groupes de Rock (Furious Zoo et Satan Jokers), il nous présente une version revisitée à la sauce explosive de « La Chanson d’Azima » qui ne ressemble plus en rien à l’arrangement originel de ce titre de France Gall. Il en est de même pour « Quand on arrive en ville », extrait de « Starmania », sur lequel la voix de Daniel Balavoine résonne encore pour certains comme un écho.

 

L’ambiance se fait plus intimiste pour des chansons à haute valeur émotionnelle. Lorsqu’il entonne « Evidemment », il fait référence justement à ces deux grands artistes français précédemment cités, disparus trop tôt. Les voix des spectateurs s’élèvent alors d’un seul c(h)oeur pour reprendre le refrain comme pour arrêter le temps sur un moment de communion qui donne tout son sens au mot « hommage ». Sur « Diego, libre dans sa tête », rendue célèbre par Johnny Hallyday, on sent comme une fêlure, une blessure interne symbolisée par la voix rocailleuse de Renaud qui nous dévoile toute sa détresse. Enfin, il se fait plus doux et intérieur sur « Seras-tu là » ou « Quelques mots d’amour ».

 

Une grande partie du spectacle est bien sûr consacrée aux titres extraits des deux opéras rock auxquels il a participé. De « La Chanson de Ziggy » au « SOS d’un terrien en détresse », du « Blues du businessman » à « Géant », Hantson se ballade à travers les chansons comme à travers les rôles qu’il a joués et on en vient à rêver de la possibilité pour lui d’interpréter Zéro Janvier dans une nouvelle version de « Starmania », à l’heure où Donald Trump vient d’être élu Président des États-Unis.

 

Parmi tous les titres interprétés, on saluera les versions de « Message personnel », du « Paradis blanc » (qui résonne aujourd’hui de façon très étrange) ou encore de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux ». Outre le plaisir d’écouter à nouveau ces morceaux, c’est à une deuxième lecture que nous avons assistée.

 

Hantson prend le parti de reprendre également deux titres un peu moins connus comme « Privé d’amour » ou « Et nulle part ailleurs ». Les vrais fans s’y retrouvent donc et les novices les découvrent.

 

Le spectacle se termine sur une version énergique de « La Groupie du pianiste ». Le public se lève, danse, chante, applaudit. Le groupe nous laisse sur une note positive plutôt que nostalgique, rappelant qu’un hommage n’est pas forcément triste et que faire vivre la musique d’un artiste, c’est avant tout lui faire traverser les époques.

 

Cet hommage à Michel Berger est probablement un des plus beaux concerts qui nous ait été donné de voir (et pour bien connaître Renaud Hantson, je peux affirmer que ce spectacle était vraiment unique). Difficile de décrire les diverses émotions ressenties au fil de la soirée. Nous avons redécouvert un Renaud Hantson habité par l’esprit de Michel Berger, s’effaçant au profit des anecdotes qu’il raconte et des chansons qu’il interprète. Le public présent s’en souviendra longtemps et nul doute que de nombreuses dates verront le jour.

 

Mike Zurita : guitares

Fred Augugliaro : claviers

Steeve Victor : claviers

Pascal Arroyo : basse

Alain Mandigo : batterie

Flory Ann : choeurs

Article : Audrey

30/11/2016

audrey@laruedubac.fr

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