La saison 2016-2017 du Musée de l’Homme

est riche en découvertes et d’échanges…

 

« EMPREINTES : L’HUMANITÉ A RENDEZ-VOUS AU MUSÉE DE L’HOMME »

Pour son 1er anniversaire le Musée de l’Homme invite des artistes engagés et des messagers du bout du monde, pour sensibiliser le public, à l’importance des liens que l’Homme entretient avec la nature dans un monde menacé par une crise écologique majeure.

Dans la galerie d’accueil, la Pirogue “Kindy Challwa” (poisson colibri) est arrivée, après un long voyage de l’Equateur à Paris. Cette pirogue a été conçue par le peuple Kichwa pour la COP21. Elle est porteuse d’un message des Kichwa de Sarayaku : Issue de la “Forêt vivante” elle symbolise le combat d’une communauté pour que soit reconnue la “Forêt vivante” en tant que territoire sacré où les Kichwa vivent en symbiose avec la nature.

La pirogue sera itinérante : à chaque retour de voyage, elle rapportera aux visiteurs du Musée le récit de ses rencontres européennes.

Le Chef Papou Mundiya Kepanga, représentant de la Tribu des Huli, a remis le 13 octobre 2016 à Bruno David, Président du Muséum national d’Histoire naturelle, sa parure traditionnelle (le chef a minutieusement collecté les plumes, fibres, poils, cheveux et accessoires corporels dont elle est constituée). Il souhaite ainsi créer un pont entre la France et sa communauté en Papouasi-nouvelle Guinée et alerter sur le changement climatique qui menace sa communauté. Mais il rappelle que “nous vivons tous sur la même planète, si nous ne protégeons pas la nature nous souffrirons tous”.

La Parure sera exposée exceptionnellement dans la Galerie d’accueil du musée.

A noter la projection en avant-première à l’Auditorium Jean Rouch le 2 décembre 2016 à 20h, en présence de Marc Dozier  « Frères des arbres » , réalisé par Marc Dozier et Luc Marescot, sur la tribu des Huli

Le Musée fait dialoguer Frans Krajcberg et Anne de Vandière, deux artistes-citoyens du monde engagés.

La vie de Frans Krajcberg est semblable au siècle qui l’a vu naître. Une vie qui bascule, déracinée, chargée de souffrances mais dont l’humanité et l’engagement sont prioritaires. Frans Krajcberg est né en Pologne en 1921. Il perd toute sa famille dans l’holocauste. Incorporé dans l’armée polonaise, il intègre après-guerre l’atelier de Willy Baumeister à Stuttgart. En 1947, il arrive à Paris où il côtoie Fernand Léger et Marc Chagall. C’est en 1948, qu’il émigre au Brésil, après des débuts difficiles, il remporte en 1957 le Prix du meilleur peintre brésilien et prend, un an plus tard, la nationalité brésilienne.

Au Brésil, il est témoin de la déforestation. Il récupère les arbres calcinés pour en faire des totems ou plus exactement des Cris, il déclare “mon oeuvre sert à pousser un cri”.

Installé à Nova Viçosa dans son nid (une maison dans les arbres). Il réalise des sculptures avec ce qu’il trouve dans la nature, des palétuviers, des branches monumentales, des bois brûlés, il les assemble, les peint en blanc ou les teinte avec des oxydes de fer ou de manganèse.

 

Son Art se fait militant. En 1978 il remonte le Rio Negro avec le critique d’Art Pierre Restany et l’artiste Sepp Baenderec. Ils publient “Manifeste du naturalisme intégral du Rio Negro” dont le principe en est simple, mais essentiel : se servir de l’esprit critique de l’art pour promouvoir la Nature en appelant le monde à ne pas la piller.

Constatant, 35 ans plus tard, que cet appel a été peu entendu, Krajcberg publie en 2013 avec Claude Mollard : « Le Nouveau Manifeste du Naturalisme intégral », un appel à tous les acteurs du monde de l’art, pour réveiller les consciences, initier un mouvement artistique pour la défense de l’environnement et au-delà aider les peuples amérindiens à préserver leurs territoires et leur culture.

Plus d’une vingtaine d’œuvres, des sculptures, tableaux et photographies sont exposées au Musée de l’Homme. Elles témoignent de plus de 40 ans de travail sur l’observation de la forêt amazonienne. Son oeuvre résonne avec les thématiques de la Galerie de l’Homme sur l’empreinte écologique de l’Homme sur la Terre : la déforestation, les peuples autochtones, l’extraction des ressources…

A 95 ans, Frans Krajcberg continue son combat à travers le monde pour mobiliser sur la défense de l’environnement.

Dans l’espace d’exposition temporaire, le Musée accueille “Tribu/s du monde”, une installation de la photographe Anne de Vandière. Depuis 2009, elle parcourt les 5 continents à la rencontre de nombreuses ethnies fragilisées et souvent ignorées.

Journaliste reporter, elle développe il y a quelques années un travail sur la transmission à travers la main. Découvrant que la gestuelle livrait souvent plus que les mots, elle réalise des portraits à travers les Mains de personnalités, puis elle pose son regard sur les petites mains de l’artisanat du luxe, des métiers en voie de disparition…

Curieuse du monde, elle part en 2009 à la rencontre des peuples racines. Chaque voyage demande 2 mois de préparation, Anne de Vandière s’entoure de spécialistes  (géologues, ethnologues, sociologues, biologistes, etc.) qui l’aident à entrer en contact avec les tribus.

Son approche est intime et respectueuse. Elle s’installe dans le village et à travers les gestes échangés elle découvre les habitants. Elle prend son temps pour créer un lien, pose des questions. Les femmes aiment savoir si elle a des enfants, alors elle montre les photos de sa famille et une complicité se noue.

Son “Carnet nomade” ou elle note ses recherches et un outil de partage avec les petits et les grands du village qui peuvent y laisser un mot, un dessin…. Dans ces magnifiques carnets on retrouve l’empreinte de la main de celui ou celle qui a été photographié mais aussi des plantes, des plumes, des bijoux… Des traces de ces moments de partage et d’échange.

Vous pourrez les découvrir dans les vitrines à l’entrée de l’exposition et découvrir la fabrication des carnets nomades dans une vidéo.

Lorsque la confiance est tissée, Anne de Vandière sort son appareil photo.

Pour présenter son travail aux visiteurs du Musée, la photographe a imaginé deux containers (ils symbolisent l’enfermement et les déplacements forcés qu’imposent souvent les gouvernements à ces populations), relié par un couloir le “cordon ombilical”. D’un côté une boîte blanche, les photos en noir et blanc sont dans des caissons retro-éclairés qui occupent les murs, le sol et le plafond. Une boite très lumineuse, avec des chants, des musiques, pour partager la joie et l’envie que ces peuples ont à transmettre.

De l’autre côté, le container noir, plus calme, composé de 65 triptyques avec des textes, des témoignages, chaque triptyque est l’histoire d’une rencontre, avec son portrait, ses mains et son témoignages.

Dans le « cordon ombilical » sont diffusées des témoignages vidéos des « Sentinelles de la Terre ». Ces tribus du monde nous parlent de leurs conditions de vie et de l’avenir…

L’exposition est intégrée à la programmation de Paris Photo 2016 du 10 au 13 novembre 2016.

Pour prolonger votre visite nous vous recommandons le livre d’Anne de Vandière« TRIBU/S DU MONDE » aux Éditions Intervalles.

Anne de Vandière avec “Tribus du monde” nous fait découvrir la richesse de ces ethnies que nous ignorons ; Frans Krajcberg lui pousse des cris avec ses sculptures. Ces artistes engagés nous poussent à réfléchir à notre mode de vie et nous questionnent sur notre relation à la nature.

Prenez le temps d’observer leur travail, ils sont les témoins d’un monde qui nous semble bien éloigné de notre réalité mais comme le dit très justement le Chef Papou Mundiya Kepanga “nous habitons tous sur la même planète”, respectons là.

Informations pratiques

Musée de l’Homme

Du 12 octobre 2016 au 2 janvier 2017

17, Place du Trocadéro 75116 Paris

Métro : Trocadéro (lignes 6 et 9)

Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à 18 h

Entrée libre pour l’exposition

Article : Corinne

09/10/2016

corinne@laruedubac.fr

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