Edmond

 

Après le succès du « Porteur d’histoire » (couronné par des Molière et encore joué actuellement partout en France) et « Le cercle des illusionnistes », Alexis Michalik revient avec « Edmond » au Théâtre du Palais Royal. C’est avec une joie non dissimulée que nous nous sommes donc rendus voir cette création parisienne.

 

La scène nous plonge en 1895, peu après l’invention du cinéma (les fidèles de Michalik auront reconnu l’époque de sa précédente pièce). Edmond Rostand peine à se faire un nom en tant qu’auteur malgré le soutien de la grande actrice Sarah Bernarht. Après deux ans sans rien écrire, il rencontre un des comédiens les plus célèbres de l’époque, Coquelin, qui lui commande une comédie en trois actes. Angoisse de la page blanche pour Edmond qui ne trouve l’inspiration que grâce à une jeune femme qui devient, sans le savoir, sa muse. La pièce nous transporte du début de l’écriture à la première représentation de ce chef d’œuvre qu’est devenu « Cyrano de Bergerac ».

 

La composition et la mise en scène nous rappellent bien évidemment qu’il existe une patte Michalik. Les comédiens interprètent plusieurs rôles par un changement rapide de costume. Les décors s’enchaînent et sont déplacés souvent par les comédiens eux-mêmes. Quelques projections utilisées à bon escient plantent la situation de façon encore plus précise. Tout se fait dans l’urgence, la rapidité, au gré de la narration. Rien n’est jamais de trop. Cette mise en scène joue sur la sobriété et la justesse des personnages.

 

Le texte est extrêmement bien écrit. Les amateurs de théâtre classique auront le bonheur de réentendre certaines des scènes emblématiques de la pièce d’Edmond Rostand (mention spéciale pour la scène finale entre Cyrano et Roxane nous a émus aux larmes). A la manière du film « Shakespeare in Love », « Edmond » trouve une explication à l’intrigue de cette histoire dans la vie même de son auteur, tant et si bien qu’on ne distingue plus ce qui est fiction ou réalité.

 

On croise des personnalités de l’époque comme Georges Feydeau, Ravel… C’est toute la culture de la fin du 19e siècle qui s’offre à nous, jusque dans le costume de Coquelin qui est le même que sur l’affiche de la première représentation.

 

Les comédiens campent leurs personnages de façon magistrale. Une diction parfaite, une émotion véritable, un talent incroyable. Ils ont dans leurs yeux la passion du théâtre et nous emmènent aisément dans leur univers. On se sent privilégié de pouvoir vivre de telles émotions. On en oublie tout ce qui nous entoure et on se retrouve comme dans un parenthèse enchantée où le temps n’a plus prise. Les deux heures passent à une vitesse folle.

 

« Edmond », c’est probablement une des plus belles pièces de la rentrée, si ce n’est une des plus belles pièces de ces cinq dernières années. A ne manquer sous aucun prétexte.

 

Jusqu’au 8 janvier 2017

Au Théâtre du Palais Royal

 38 rue de Montpensier , 75001 Paris

Tarif : de 17€ à 60€

Article : Audrey

16/10/2016

audrey@laruedubac.fr

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