« Notre-Dame de Paris »

 

 

« Il est venu le temps des cathédrales, le monde est entré dans un nouveau millénaire… » En 1998, le public parisien entend pour la première fois ces mots entonnés à l’époque par Bruno Pelletier, extraits du spectacle « Notre Dame de Paris » de Luc Plamondon et Richard Cocciante. C’est alors un tournant pour l’art de la comédie musicale en France. Si les portes avaient été ouvertes par des spectacles comme « Les Misérables » ou « Starmania », Paris était bien loin de villes comme Londres ou New York qui accueillent régulièrement de nouveaux shows et où certains sont à l’affiche depuis des décennies.

 

« Notre Dame de Paris »,  c’est deux Victoires de la musique (spectacle musical et chanson de l’année), un succès sans précédent avec des représentations à guichet fermé, des passages dans toutes les émissions de TV ou de radio. Les artistes de cette première version deviennent des stars : Patrick Fiori, Hélène Segara, Garou, Julie Zenatti, Daniel Lavoie, Luck Mervil. A partir de là, Paris devient le lieu de création de multiples spectacles musicaux (des « Dix commandements » à « Roméo & Juliette » en passant par « Mozart, l’opéra rock », « Adam et Eve » ou plus récemment « Love Circus »). Rien que pour cette rentrée de septembre 2016, pas moins de 10 créations étaient programmées et notamment la reprise de ce spectacle dans la salle où il fut monté en 1998, le Palais des Congrès, près de 20 ans plus tard.

 

En cette fin novembre, le public s’est déplacé en masse pour (re)découvrir les aventures d’Esméralda et Quasimodo. La salle est complète et des frissons se font ressentir lorsque les premières notes retentissent. La mise en scène est globalement la même que celle des débuts. Quelques petits changements notamment au niveau des costumes sont à noter mais rien de bien différent. On peut saluer la performance des danseurs qui évoluent sur scène avec une belle aisance. Les chorégraphies allient danses de rue et acrobaties. Que ce soit lors de moments de groupe (« La Cour des Miracles », « La Fête des fous ») ou de façon un peu plus personnelle (« Déchiré », « Danse mon Esméralda »), ils habillent l’espace et impressionnent le public par leur technicité incroyable. Ils apportent une réelle touche particulière aux différents tableaux.

 

Le casting a été très bien réfléchi. Une fois passée la recherche inévitable des similitudes  de timbres de voix ou de physique avec les interprètes originaux, on se laisse porter par ces artistes qui apportent leur personnalité aux rôles choisis. On notera tout d’abord la performance de Richard Charest dans le rôle de Gringoire. Son nom n’est pas inconnu des fans du spectacle puisque c’est en 2005 qu’il incarne pour la première fois ce personnage, qui est un peu le narrateur de l’histoire, et ce sans discontinuer jusqu’à aujourd’hui. Nul doute que ce rôle lui colle à la peau. Son charisme, sa sensibilité et sa facilité à se mêler également aux danseurs font de lui la révélation de ce spectacle (notamment avec le titre « Lune »). On notera également le retour de Daniel Lavoie dans le rôle de Frollo qu’il avait créé en 1998. A 67 ans, l’artiste n’a rien perdu de sa voix ni de sa présence scénique. Il incarne un Frollo déchiré par sa passion, entre raison et sentiments. On souffre avec lui, on le prend en pitié, malgré son apparente froideur et cruauté (« Tu vas me détruire », « Être prêtre et aimer une femme »). Hiba Tawaji, chanteuse libanaise découverte dans l’émission « The Voice », incarne une Esméralda enjôleuse et sensible. Le grain particulier de sa voix s’accommode bien au personnage et elle nous offre un des plus beaux tableaux avec le titre « Vivre » (avec un jeu de lumières sublime). L’italien Angelo Del Vecchio présente un Quasimodo tout en douceur, en nuances et en émotion. Sa voix rauque nous a transportés (« Dieu que le monde est injuste », « Danse mon Esméralda »). L’association avec Hiba Tawaji est une réussite. Ils forment un duo touchant auquel on croit sans souci (« Les oiseaux que l’on met en cage »). Martin Giroux (dans le rôle Phoebus), Jay (ex « Poetic Lover » qui joue Clopin) et Alyzée Lalande (Fleur de Lys) sont également à citer pour la justesse de leur interprétation.

 

Enfin, on notera que, comme pour le spectacle « Résiste », la grosse réussite de celui-ci réside aussi dans la force des chansons qui n’ont pas pris une ride. A voir les applaudissements fournis notamment après « Belle », on comprend que le phénomène « Notre Dame de Paris » n’a pas quitté les Français.

 

Cette version se démarque par la qualité des interprètes choisis, qui sont à la hauteur du mythe, et apportent une deuxième jeunesse à ce spectacle. Nul doute que le public ne s’y trompera pas et que la critique sera unanime. En tout cas, ce samedi après-midi, la salle était debout.

 

« Notre-Dame de Paris » au Palais des Congrès jusqu’au 8 janvier 2017

2 Place de la Porte Maillot, 75017 Paris

Tarifs : de 29,50€ à 83€

Article : Audrey

27/11/2016

audrey@laruedubac.fr

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